Lundi 6 avril 2009
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Après l'ancien entraîneur de la Fédération autrichienne de ski, Walter
Mayer, le manager sportif Stefan Matschinger a été placé, mardi 31 mars, en garde à vue. Ils sont soupçonnés d'avoir fourni des substances dopantes et
organisé des transfusions sanguines. La police autrichienne continue d'enquêter : de nombreux sportifs autrichiens et étrangers de toutes les disciplines pourraient être mis en cause.
Les accusations sont lourdes et solidement étayées. Deux poulains de Stefan Matschinger, ex-coureur de 1 500 mètres reconverti dans le management sportif, sont
passés aux aveux en l'espace d'une semaine.
Classé d'abord troisième et meilleur grimpeur lors du Tour de France de 2008, le cycliste autrichien Bernhard Kohl avait été suspendu pour dopage. Un dérapage qui, révèle-t-il,
n'avait rien d'exceptionnel. Entre 2005 et juillet 2008, le sportif aurait suivi un régime continu à base d'érythropoïétine (EPO), d'hormones de croissance, d'insuline et de testostérone concocté
par son manager.
Pour ce traitement ainsi que trois séances de transfusion sanguine dans le laboratoire viennois Human Plasma, Kohl aurait déboursé 50 000 euros. La triathlète autrichienne Lisa Hütthaler, également suspendue pour
dopage, assure avoir suivi les instructions du "calendrier de dopage" établi pour elle par le même Matschinger, dont l'entregent était apprécié par
les équipes sportives allemandes et néerlandaises.
RÉPUTATION AU PLUS BAS
Loin d'être close après ces deux arrestations, l'enquête menée par la police criminelle autrichienne pourrait s'internationaliser. Selon le quotidien
Kurier, qui se réfère à des sources officielles, plus de 120 athlètes autrichiens et étrangers auraient compté parmi les clients réguliers du laboratoire viennois et bénéficié de la
transfusion de leur propre sang enrichi en globules rouges. Un procédé qui, sans faire intervenir de substances externes, accroît l'endurance. Pourtant l'instruction ouverte à l'encontre de la
banque de sang a été abandonnée. Motif : Human Plasma aurait cessé de délivrer ce service à l'entrée en vigueur de la loi antidopage en août 2008.
Kurier, dans son édition de jeudi, met aussi nommément en cause l'ex-cycliste Georg Totschnig, qui aurait bénéficié d'une auto-transfusion sanguine avant sa spectaculaire
victoire dans l'étape pyrénéenne d'Ax - Trois-Domaines du Tour de France 2005.
Depuis les Jeux olympiques de Salt
Lake City, en 2002, la réputation de l'Autriche est au plus bas. Aux JO de Turin, en 2006, la police italienne avait saisi du matériel de transfusion dans
le chalet de l'équipe autrichienne. Le Comité international olympique avait exclu à vie six membres de ses équipes de fond et de biathlon. La loi antidopage, finalement promulguée en août 2008
sous la pression de l'Agence mondiale antidopage, criminalise la détention et la vente de substances dopantes.
Soucieux de rétablir la réputation de l'Autriche, le ministre des sports, Norbert Darabos, envisage désormais de criminaliser le recours au dopage. En attendant, il fait
oeuvre pédagogique et distribue un Manuel pour l'athlète de compétition. Son objectif : informer sur les "pièges" de la compétition et les conséquences du dopage.
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