Samedi 23 octobre 2010
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Contrôlé positif en juin, le tout récent champion d’Europe du 50 m NL, qui purge sa suspension depuis le 20 septembre, a fait son mea
culpa.
Le secret avait été jusqu’ici bien gardé. Et s’il n’y avait pas eu fuite au sein de la Fédération française de natation, Frédérick Bousquet aurait purgé sa peine,
bien au chaud, aux Etats-Unis, sans que personne ne sache qu’il avait été suspendu. Pourtant, le 13 juin dernier, le vice-champion du monde du 50 m nage libre a été contrôlé positif à
un stimulant, l’heptaminol. Une substance interdite dans tous les textes depuis 1991. Parce qu’il est sujet à des crises hémorroïdaires, le compagnon de Laure Manaudou prend un traitement depuis
longtemps, mais à la veille du meeting de Canet-en-Roussillon, il n’avait plus de pommade.
« Je suis allé dans une pharmacie juste à côté de chez moi à Marseille, une pharmacie où ils savent qui je suis, racontait-il à qui veut l’entendre.
Ils m’ont dit qu’ils n’avaient plus ce médicament en stock, et ils m’en ont proposé un autre. » Le nageur fait une confiance aveugle à la pharmacienne et ne lit pas la notice.
S’ensuit le contrôle inopiné qui se révèle positif. « C’est une belle bêtise de ma part, avouait-il au micro de RMC-Info mercredi matin. C’est une négligence. C’est sûr que cela
mérite une sanction. » Prévenue par l’Agence française de lutte contre le dopage le 16 juillet, la FFN a d’abord dû en avertir Bousquet pendant les Championnats d’Europe de
Budapest avant de prendre une décision. « Lui apprendre la nouvelle de son contrôle positif, ça a été un moment très pénible pour nous comme pour lui », se souvient le
directeur technique national, Christian Donzé, joint par téléphone.
Finalement, parce que l’heptaminol fait partie de la catégorie des substances spécifiées (dont on peut justifier la prise en raison d’une pathologie) et qu’il a
présenté un dossier médical justifiant d’un traitement pour ses hémorroïdes, il n’a été condamné qu’à deux mois de suspension. « C’est une lourde sanction, estime le DTN, convaincu
qu’il ne s’agit pas d’une conduite dopante, mais, en même temps, il ne faut pas minimiser ce qu’il a fait parce que c’est une grosse erreur. »
Les conséquences de son geste sont en tout cas minimes puisque la FFN lui a permis de participer à l’Euro, duquel il a ramené deux titres et une médaille d’argent,
avant de le suspendre du 20 septembre au 20 novembre. Reste son image qui en a inévitablement pris ombrage. « Il va forcément traîner ça pendant plusieurs mois »,
estime Christian Donzé. Le fait d’avoir accordé de nombreuses interviews depuis mercredi lève en tout cas beaucoup de suspicions.
Sur le Tour de France 2008, Dmitri Fofonov, coureur du Crédit Agricole, est également contrôlé positif à l’heptaminol. Le Kazakh démontre que le médicament était
destiné à soigner ses hémorroïdes. Il est condamné à trois mois de suspension. On se souvient aussi de Laura Flessel, contrôlée positive à la coramine-glucose le 26 mai 2002. La double
championne olympique d’épée avait été condamnée à trois mois de suspension pour avoir absorbé une pastille destinée à la récupération et distribuée par le kiné de l’équipe de France, lui-même
suspendu.
Source et date de l'article FranceSoir.fr 21.10.2010
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