Jeudi 1 juillet 2010
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Le Tour de France s'apprête une fois encore à jouer aux gendarmes et aux voleurs en matière de dopage. La plus grande épreuve cycliste du monde débutera samedi dans
un éternel climat de suspicions encore alimenté par les récentes révélations de Floyd Landis.
Le Tour de France qui s'élancera samedi de Rotterdam fait tout pour se débarrasser de l'étiquette de grand rendez-vous du dopage qui colle à l'épreuve depuis le
scandale Festina. La Grande Boucle ne parvient pas à éviter un climat de suspicions gonflé par les récentes accusations de Floyd Landis.
Quatre ans après un contrôle positif à la testostérone qui l'avait fait passer du grade de vainqueur à celui de tricheur, l'Américain a décidé de passer bizarrement
aux aveux au printemps pour "soulager" sa conscience, lui qui n'a pas hésité à se ruiner en procédures judiciaires en jurant ne s'être jamais dopé. Landis en a profité pour accabler au passage
une quinzaine d'anciens proches, dont Lance Armstrong, le septuple vainqueur, qui fut son coéquipier chez US Postal, et son directeur sportif Johan Bruyneel.
Mais faut-il croire sur parole un homme qui a passé des années à nier l'évidence? Farfelues ou non, les accusations de Landis et l'ébullition qu'elles ont suscitée
en plein Tour d'Italie ont poussé l'Union cycliste internationale (UCI) à demander aux fédérations nationales de mener l'enquête. A suivre ou à classer, la sortie de Landis n'a pas de quoi
arranger, aux yeux des sceptiques, l'image du cyclisme. Pourtant, le ménage continue et l'UCI y met les moyens.
Profil sanguin fatal à huit coureurs
Alejandro Valverde, le vainqueur du dernier Tour d'Espagne, a enfin été forcé par le Tribunal arbitral du sport de mettre pied
à terre jusqu'au début 2012, quatre ans après la mise au jour du scandale Puerto en Espagne, dans lequel
il était impliqué. Avec l'introduction du passeport biologique, l'UCI a coincé en un an huit coureurs sur la seule base des irrégularités de leur profil sanguin et une quinzaine d'autres, ciblés
par des contrôles inopinés. Du nombre sont Danilo Di Luca et Franco Pellizotti, les deux Italiens sur le podium du Giro 2009.
La dernière Grande Boucle n'avait, elle, été ternie par aucun contrôle positif, ni pendant, ni après. Mais elle n'avait pas été
épargnée par les polémiques, avec Pierre Bordry, le président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), dans le rôle du pyromane. L'UCI, qui avait permis à l'AFLD d'être partenaire
pour les contrôles sur le Tour 2009, s'en est mordu les doigts, en découvrant en octobre dans la presse
un rapport de l'AFLD accusant ses inspecteurs de "manquer de professionnalisme" et d'avoir réservé "un traitement de faveur" à Astana, l'équipe d'Alberto Contador et alors d'Armstrong. Absurde, a
rétorqué la fédération, soulignant, chiffres à l'appui, que cette équipe avait été au contraire la plus contrôlée. Avant de pointer à son tour les erreurs de l'AFLD et de reprocher à Pierre
Bordry de se faire de la publicité sur son dos.
Observateurs indépendants
Dans cette bataille qui a pris une tournure politique, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a été appelée à jouer l'arbitre. A la demande de l'UCI, elle envoie des
observateurs indépendants sur le Tour pour vérifier que les contrôles - dont la fédération a la pleine responsabilité - se font bien dans les normes. Et si l'AMA n'a pu, pour des questions
juridiques, dire oui à l'AFLD qui voulait mener ses propres tests durant l'épreuve, elle lui a offert la possibilité d'en diligenter par le biais de ses observateurs indépendants.
Côté coureurs, deux revenants seront au départ à Rotterdam: l'Italien Ivan Basso et surtout le Kazakh Alexandre Vinokourov,
dont le contrôle positif en plein Tour 2007 avait fait l'effet d'une tornade. Pas de Grande Boucle en
revanche pour l'Italien Ricardo Ricco, qui avait eu sa photo dans le journal en 2008 pour ses victoires
d'étape, puis encadré par les gendarmes. Après sa suspension sportive, le "Cobra", jugé cette semaine à Foix, risque encore une sanction pénale en vertu de la loi du 3 juillet 2008 sur la détention de
produits dopants, une loi qu'il fut le tout premier sportif à étrenner.
Source et date de l'article TSR.ch 01.07.2010
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