Dimanche 8 avril 2012
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Dr Eric Allangba (médecin sportif) de plus en plus, on assiste à des arrêts cardiaques sur les stades. Quels sont les facteurs qui expliquent cela ?
Les accidents cardio- vasculaires qui surviennent sur les stades ont toujours existé. Avec la mondialisation et la
médiatisation, on y fait de plus en plus attention. Beaucoup de facteurs sont à la base de ces accidents qu’on appelle mort subite du sportifs. Ces accidents sont dus à des malformations au
niveau du système vasculaire. Il s’agit souvent d’anévrisme (dilation sur un vaisseau), c’est-à- dire la néo formation au niveau des vaisseaux sanguins qui est pratiquement indétectable et qui se
rompt pour une raison ou une autre. Il survient alors une hémorragie cérébrale. D’autres causes sont à la base de ces accidents. On pourra parler aussi des malformations cardiaques,
d’hypertension artérielle méconnue.
Le dopage joue-t-il un rôle dans ces arrêts cardiaques?
Le dopage est l’un des facteurs importants de ces arrêts cardiaques. Il y a le côté négatif du dopage. C’est bien
beau de remporter des médailles. Le dopage modifie le comportement de l’athlète. Il le rend certes très fort ; mais il y a toujours les effets secondaires
qui sont catastrophiques. Ça peut-être des troubles sanguins, la folie, etc. Cela est provoqué par les différentes substances utilisées. Le dopage expose à
de graves accidents. De grands athlètes de haut niveau sont décédés très jeunes et dont les causes de la mort n’ont pas été déterminées. Cependant, on est sûr qu’il y a eu le dopage en
dessous.
Que faut-il faire alors pour éviter ces genres d’accidents?
C’est en cela que l’on voit l’importance de la visite médicale avant toute activité sportive. Cette visite médicale
aboutit à la délivrance d’un certificat de non contre indication à la pratique sportive. La visite médicale n’est pas faite pour éliminer des candidats à la pratique sportive. Mais elle a toute
son importance. Elle permet d’éviter les problèmes que l’on rencontre sur les stades ; c’est pourquoi, le minimum
d’électrocardiogramme, de repos que l’on impose de nos jours peut, dans une moindre mesure, permettre de déceler des problèmes s’il en existe.
Comment expliquer que des joueurs des championnats européens qui font beaucoup d’examens médicaux
puissent être victimes de ces genres d’accidents ?
Il y a un lot de tests médicaux que les joueurs professionnels font tout au long de leur carrière. Les examens médicaux ne
peuvent pas tout déceler. Ce n’est pas un électrocardiogramme, une simple radio qui va mettre en évidence une malformation telle que l’anévrisme. Les examens permettent de détecter certaines
maladies et d’éviter une grande partie d’accidents qui pourraient survenir.
La médecine est-elle impuissante face à ce phénomène?
La médecine est impuissante ? Non, pas qu’elle soit totalement impuissante.
Vous voyez la prise en charge quand l’accident survient. Lors du récent accident du joueur congo-anglais, il a bénéficié de tous les soins notamment des massages cardiaques ; il a été conditionné, pris en charge par une équipe de réanimateurs. La médecine du sport est avant tout une médecine de prévention. On ne peut pas dire qu’elle est
totalement impuissante. Mais elle peut être parfois prise à défaut dans certaines situations.
A vous entendre, la visite médicale n’est pas une panacée pour éviter ces accidents. Y aurait-il
d’autres dispositions?
Les visites médicales ne sont certes pas la panacée. Mais il faut faire le minimum que l’on prescrit pour éviter les accidents.
Les visites médicales sont très importantes. Nous suivons ce qui se passe au football avec les arbitres. Certes, avec les visites médicales, nous ne résolvons pas totalement les problèmes, mais
il y a une grande partie des difficultés qui sont résolues.
Quelle est la situation de ces accidents en Côte d’Ivoire et en Afrique?
Je n’ai pas de statistiques fiables sur ces genres d’accidents en Côte d’Ivoire et en Afrique. Ce sont des accidents qui arrivent
partout. J’ai été témoin d’un cas lors d’un examen d’entrée à l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs). Un athlète confirmé qui présentait le concours est décédé au cours des
épreuves physiques. Il a fait un arrêt cardiaque. En Côte d’Ivoire, il y a un effort qui est fait. Les dirigeants fédéraux et des clubs sont conscients de la nécessité des visites médicales
autour desquelles il y a un consensus. Elles sont de plus en plus corsées et sérieuses. On impose au minimum un électrocardiogramme et un certain nombre d’examens.
Les clubs et les responsables fédéraux respectent-ils ces tests que vous
demandez?
De nombreuses fédérations et clubs disent ne pas disposer de moyens financiers pour payer les frais médicaux. Ce n’est pourtant
pas excessif. Mais les dirigeants sportifs avouent leur impuissance à payer ces frais. Alors que nous avons trouvé un juste milieu pour leur permettre de faire faire ces visites à leurs athlètes.
Dommage qu’il n’y ait pas de subventions de l’Etat pour les prises en charges des athlètes. S’il y avait une loi sur le sport en Côte d’Ivoire, la prise en charge des athlètes de haut se ferait
sans difficulté. Bien qu’ils n’aient pas les moyens, ils sont conscients de l’importance de ces examens. Nous allons petit à petit instituer systématiquement ces examens, notamment
l’électrocardiogramme de repos. A côté de cet examen, il y a aussi l’électrocardiogramme d’effort qui est également important.
Interview réalisée par
Élisabeth Goli
Source et date de l'article Fratmat.info
23.03.2012
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