Le dopage

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Je complète cet article avec le dossier paru dans le magasine L'Illustré au mois de février 2009. Il vous suffit de cliquer sur les fichier pdf. page1.pdf page2.pdf page3.pdf  

TENNIS. Après des insinuations de dopage, le colosse essuie des indiscrétions sur sa santé, dont certaines proviennent de ses proches. Son état est jugé préoccupant. Ses premiers pas à l'Open d'Australie le montrent peu.


Christian Despont, Melbourne
Samedi 19 janvier 2008


A son arrivée, la cantonade l'a scruté avec un air de défiance, sûre d'y trouver une faille, voire une défectuosité rédhibitoire. La rumeur le disait grabataire. Blessé dans son amour-propre, Rafael Nadal n'avait qu'un anglais de premier secours où chercher une formule apaisante: «Physical is no one problem. Look me. Perfect, no?»

Sur le court, la réponse est presque aussi péremptoire. Deux bandes de toile blanche, une sous chaque genou, entretiennent le débat monomaniaque. Vendredi, malgré «une confiance réelle», Gilles Simon a pris acte que Nadal, à l'évidence, court toujours (7-5 6-2 6-3).

La rumeur ne l'a pas encore rattrapé mais, comme lui, elle faiblit peu: après des insinuations de dopage, des indiscrétions sur sa santé parcourent les allées. Curieusement, la nouvelle est partie de Majorque, où l'oncle Toni a minaudé imprudemment dans un journal local. «Rafa souffre d'inflammations chroniques au pied gauche. C'est grave, très grave.» Fin de carrière? «Je ne suis pas en mesure de me prononcer. Les médecins recommandent de rester prudents.» A peine rentré d'Egypte, où il avait emmené ses parents pour leurs 25 ans de mariage, Rafael Nadal fut accueilli à l'aéroport par un bouquet de micros, tandis que son agent apaisait les sponsors. Un communiqué a nié en bloc: «Tout va bien.»

Huit jours plus tôt, coïncidence troublante, Nadal lui-même s'était épanché: «Depuis que je souffre de ces inflammations aux pieds, je ne peux pas courir à l'entraînement. Pour compenser, je nage, je fais du rameur ou du vélo, mais ce n'est pas pareil.» Ces inflammations proviendraient d'une tendinite persistante - ou mésestimée - contractée en octobre 2005, à hauteur des genoux. La blessure aurait modifié les appuis au sol, où s'articule tout un mécanisme: le jeu de Nadal, et plus globalement le lift, impose des torsions extrêmes, tandis que ses pieds sont jugés «petits» (pointure 42 pour une stature de 85 kilos).

Fébrile, le colosse aurait contacté son équipementier et suivi une batterie de tests biomécaniques. Etait-ce si grave qu'il faille conclure à la perdition? Toni Nadal, discret en Australie, élude: «Le journaliste a un peu forcé.» Au Diario de Mallorca, l'intéressé invite ses confrères dubitatifs, majoritairement ibériques, à consulter la bande d'enregistrement.

Depuis l'interview, trois défaites ont apporté une certaine crédibilité scientifique à ce que beaucoup, encore, réduisent à un babillage intempestif. En finale du récent tournoi de Chennai, Rafael Nadal a subi le pire affront de sa carrière, battu 6-0 6-1 par Michael Youzhny, certes au lendemain d'une empoignade de quatre heures avec Carlos Moya. Au préalable, le colosse a terminé l'année sur trois humiliations semblables, deux contre David Nalbandian et une contre Roger Federer.

Le maître en personne, au dernier US Open, s'est ému des langueurs de son rival: «Je ne l'avais jamais vu dans un tel état de fatigue. Il luttait contre son propre corps. J'ai eu de la peine pour lui.» Vite blessé, vite soigné, Rafael Nadal n'a jamais vu dans la souffrance qu'un tribut à sa condition de conquérant. Tandis que n'importe quel ouvrier aurait obtenu une incapacité de travail, il a remporté le dernier Roland-Garros sous piqûre, et aurait subi trois autres infiltrations, une par jour, ce fameux octobre 2005. «Rafa tire des chèques sur sa santé, mais je ne suis pas sûr que son corps pourra payer», s'est inquiété Andre Agassi.

Combien de fois le conquistador est-il monté sur le court perclus de douleurs silencieuses? Quelle est leur dangerosité réelle? Quelle est la pérennité d'un tel degré de férocité, d'une telle débauche d'énergie? En pleine rumeur sur son impotence, Nadal a réagi à sa manière: six heures de tennis par jour, trois autres de condition physique - natation, vélo, aviron; pas de course à pied... A Melbourne, ses entraînements ont l'intensité dramatique d'une finale du Grand Chelem - raisonnablement assez, en tous les cas, pour l'exempter de jogging. «Le problème est que, pour garder de bonnes sensations, Rafa a besoin de beaucoup jouer», explique Toni Nadal.

Il y a deux ans, un hebdomadaire français lui prêtait des accointances avec le Dr Fuentes, expert de la transfusion sanguine. Cette rumeur, elle aussi, a couru dans tous les sens, avant de s'essouffler peu à peu. Depuis, la garde prétorienne du champion s'est étoffée d'une garnison d'avocats, afin de prévenir toute autre velléité. «Je n'ai jamais rien pris de ma vie et ne prendrai jamais rien. Je n'ai pas reçu ce genre d'éducation.»

Depuis son irruption sur le circuit, ardeur incandescente et biceps gondolés, Rafael Nadal a des allures de suspect idéal. Des sources extérieures au tennis ont évoqué un contrôle positif au tournoi de Dubaï; sans suite. A Roland-Garros, des personnalités sportives de haut rang ont prétendu que trois Espagnols, Rafael Nadal, Alex Corretja et Juan Carlos Ferrero, étaient sous le coup d'une enquête pour dopage; sans suite non plus.

Affable, la famille explique que «la carcasse de Rafa est l'héritage génétique de ses oncles», tous bâtis comme des grenadiers de montagne. En outre, comme le rappelle Jim Courier, «ce joueur prétendument invalide est le premier de l'ère open à occuper la deuxième place mondiale pendant trois années consécutives», alors, il peut laisser courir.


Source de l'article http://www.letemps.ch

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Lun 21 jan 2008 33 commentaires
la suspicion peut exister mais pour l'instant aucune preuve. à voir...
Pascal - le 31/01/2008 à 18h56
Si Nadal souffre d'inflamations aux pieds, il peut "consommer" des subtances non autorisées mais prescrites par les médecins...
Ce qui m'étonne dans le cyclisme, c'est le nombre impressionnant d'asthmatiques !

piero - le 03/06/2008 à 16h49
Salut, merci pour ton blog anti dopage ! certains devrai y faire un tour.
De mon cote je suis persuade que nadal est dope. il faut voir la musculatur prise en si peu de temps... ce qui peut egalement expliquer ces quelques problemes de sante.

Nadal c'est forcer !

Federer c'est fluide !

Adrien - le 02/08/2008 à 16h28
@ Adrien :
Merci pour ton message !
Merci d'avoir pris le temps de passer.
A bientôt
contre le dopage
Nadal est l'un des joueurs les plus contrôlés du circuit ... et maintenant qu'il devient numéro 1, il va l'être encore davantage.  Et les joueurs peuvent être contrôlés n'importe où, n'importe quand, même s'ils sont en vacances chez eux ou en voyage sur une île. 

Pour expliquer sa musculation, Rafa aurait pu mentionner qu'il fréquente assidûment les clubs de gym, mais c'est tout le contraire; il a avoué ne pas aimer du tout faire de la musculation.  Au mieux il en fait deux fois aux deux semaines.  Ce n'est vraiment pas sa tasse de thé.

S'il frappe la balle de cette façon depuis l'âge de 4 ans, il a de quoi être musclé.

Je l'ai rencontré, je lui ai serré la main, j'étais près de lui ... et franchement, ce qui étonnait le plus, c'est le fait qu'il était si mince.  Ses muscles sont saillants lorsqu'il les fait travailler.  Sinon, il a tout simplement l'air d'un grand sportif ... qui vient d'une famille où les hommes sont baraqués. 

Jusqu'à preuve du contraire il est innocent. 

Bravo pour ce site sur le dopage, car tout de même, c'est un fléau dans le sport. Avec les JO qui approchent, on va en entendre parler.
Nanette - le 02/08/2008 à 22h11
@ Nanette :
Merci pour ton message !

contre le dopage
Jamais Nadal ne sera déclaré officiellement dopé, même s'il subissait un contrôle anti-dopage positif (ce qui aurait déjà été le cas à Dubai 06).

Qui a intérêt à ce que cela se sache? Ces contrôles en tennis sont une hypocrisie pure et simple.

On sait que le sport espagnol est gangréné par le dopage et protégé en cela par les autorités. L'affaire Puerto s'est dégonflé comme un ballon de baudruche, les autorités ayant mis le couvert du scret dessus. Comme par hasard, le seul grand nom inculpé fut... un allemand, Ullrich!

Les autorités espagnoles cachent donc les cas. Les autorités tennistiques aussi.

SOuvenez vous bien que les scandales de dopage en cyclisme ne sont pas venus des contrôles anti-dopage ou des autorités cyclistes, mais des douaniers (TDF 1998) et des policier (Giro 1999).  Et depuis, bcp considèrent que le vélo est mort.

Un sport n'a aucun intérêt à révéler qu'un de ses principaux acteur est dopé, puisque c'est enfoncer le sport lui-même.

Alors Nadal dopé, certainement. Des preuves? On n'en aura jamais.
Olmat - le 15/08/2008 à 14h01
@ Olmat :
Merci pour ton message !

Ton analyse est très intéressante. Il est évident qu'il y a tellement d'enjeux que cela n'est pas possible de dire que Nadal est dopé !!

A bientôt
contre le dopage
Bonjour, bon voilà moi je parlais des JO au boulot ac un client qui venait se faire coiffer et il m'annonce sur de lui que Nadal se dope et qu'il se dope par transfusion sanguine.
Bon moi ca ne me derange pas d'entendre ceci car je pense que les sportifs à cause des exigences(énormes) du public et à cause de la quête du record perpetuel(car sinon on s'ennuirait, ils s'ennuiraient bref se serait l'ennui total et l'ennui total ne brasse pas d'argent) sont inevitablement obligé de jouer avec leur santé de manière inconsciente (les sequelles sont visibles à 30 35 ans) à partir d'un certain stade du professionnalisme sportif.
Après je suis curieuse autour de ces dopages qui sont des fatalités...Je cherche ce qu'est la transfusion sanguine, ce que cela produit,pendant combien de temps...
L'article est interessant même s'il ne parle pas de la transfusion après comme je le disait le désir de record prime sur beaucoup beaucoup de choses.C'est comme ca et raphael nadal fait rever des gens(et rapportee bcp d'argent) pourquoi les desilusionner?
camille - le 17/08/2008 à 12h40
@ Camille :
Merci pour ton message !

Je vais mettre un article sur le sujet du dopage par transfusion sanguine. Mais comme tu le dis il y a tant d'argent enjeux qu'il est impossible de dire que Nadal se dope !!

A bientôt
contre le dopage
la transfusion sanguine eleve le taux d'hematocrite dans le sang (c'est mon pere qui me l'a dit il est medecin au centre anti dopage francais de chatenai malabry) donc cela permet de mieux oxygener le sang donc les muscles .
Pour ma part je pense que les espagnols sont peu bavards en ce qui concerne les pratiques de leur champions il n'y a qu' a voir les resultats
tomtom91 - le 18/08/2008 à 12h49

A la suite d'un article d'Eurosport aujourd'hui, un lecteur mentionne que Nadal aurait été testé positif (expertise et contre-expertise) à la suite de son match de finale contre Federer au soir du 11 juin.  Il avait dans ses urines des traces d'un stimulant, l'étilifrine.  Il semblerait que cette situation a même été annoncée dans L'Équipe.

Y a-t-il eu une suite à ces allégations ? Merci !

Nanette - le 18/08/2008 à 20h35

Les commentaires d'Olmat sont très intéressants. 

Je me dis toujours qu'un athlète est innocent jusqu'à preuve du contraire, sauf que des preuves, pour certains athlètes, nous n'en aurons peut-être effectivement jamais, pour des tas de raisons.

Que Nadal ou Federer soit déclaré positif, avons-nous idée de ce que cela causerait à l'ATP, à l'ITF ? Une vraie bombe !  Olmat n'a pas tort de dire que certaines choses n'ont pas intérêt à être dévoilées ... et il y aura toujours des joueurs de moindre importance (des Mariano Puerta entre autres) pour se faire prendre et être puni, de façon à montrer que l'ITF et l'agence anti-dopage font bien leur boulot.  Ils ont besoin d'un exemple de temps en temps pour démontrer qu'ils veillent au grain ...

Nanette - le 18/08/2008 à 20h54
Nanette, avez-vous un lien vers l'article Eurosport? Je ne suis pas d'écrire en français, donc je suis sur google traducteur pour traduire la page en français. Juste au cas où vous vous demandez pourquoi mon français est si mauvais. Merci!
Merci - le 21/08/2008 à 02h58