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Blog ANTI DOPAGE

                              Bienvenue sur Contre le Dopage

J'ai créé ce blog pour informer les gens sur les zones d'ombres dans le sport.


J'ai besoin de votre aide pour lutter contre la désinformation et le silence entourant le dopage, les abus et les maltraitances. Si vous avez envie de témoigner de votre expérience ou de l'expérience de quelqu'un que vous connaissez vous pouvez m'écrire sur mon blog ou alors par mail à cette adresse :

contreledopage@gmail.com  

J'ai créé un groupe contre le dopage surFacebook
Po participer au groupe il faut avoir son profil sur FaceBook.

http://www.serpentin.org/drapeau%20anglais.jpg


4  personne(s) sur ce blog

 

 

http://medias.lequipe.fr/img-photo-jpg/philippe-gaumont-est-d-d/1500000000276363/0:78,2048:1110-665-0-70/e1ea7.jpg

 

ruban-noir.gif L'ancien coureur Philippe Gaumont est décédé vendredi soir à l'âge de 40 ans.

 

Philippe Gaumont est décédé vendredi soir au centre hospitalier d'Arras à l'âge de 40 ans. Il était dans le coma depuis trois semaines, suite à un accident cardiaque. Gaumont avait été médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 lors du contre-la-montre par équipes. Durant sa carrière professionnelle, il avait couru pour les équipes Castorama (1994-1995), GAN (1996) et Cofidis (1997-2003). Sa plus belle victoire avait été sur Gand-Wevelgem en 1997. A son palmarès, Philippe Gaumont compte aussi les Quatre Jours de Dunkerque (1996) et le Tour de l'Oise (1996).

Mais son nom a également été associé à des affaires de dopage. Il a été contrôlé positif en 1996 et 1998 et, en 1999, un contrôle sanguin a révélé des traces d'amphétamines. Puis il a été impliqué dans l'affaire Cofidis cinq ans plus tard, où il a avoué avoir eu recours aux produits dopants. Gaumont sera condamné à six mois de prison avec sursis. En 2005, il avait publié un livre, Prisonnier du dopage, dans lequel il reconnaissait s'être dopé depuis le début de sa carrière professionnelle. Il affirmait aussi que, selon lui, 95% des coureurs étaient dopés.

Natif d'Amiens, il y avait tenu un bar, après la fin de sa carrière. Et, depuis deux ans, Philippe Gaumont vivait à Lens, où il était co-propriétaire d'une brasserie. Au moment de son accident cardiaque, il aurait dû participer à une audition de la commission d'enquête menée par le Sénat sur le dopage. Il était marié et père de trois enfants.
Valérie Fourneyron, Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative a réagi via un communiqué à ce décès «d’un grand coureur». «Philippe Gaumont c’est aussi le nom d’un homme qui a rompu l’omerta sur les questions de dopage dans le cyclisme. Après avoir lui-même avoué s’être dopé depuis le début de sa carrière professionnelle, il a écrit un livre sur ce fléau dans un sport qu’il connaît bien pour l’avoir pratiqué de nombreuses années, a-t-elle rajouté avant de présenter ses plus sincères condoléances à ses proches, sa femme et à ses trois enfants».
Source et date de l'article  L'Equipe.fr  17.05.2013
Source de l'image

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Publié dans : Cyclisme

http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/9741367602095.jpg

LE PLUS. Deco, ancien joueur du FC Barcelone, qui évolue actuellement dans l'équipe brésilienne de Fluminense, a été contrôlé positif à un diurétique. Son avocat déclare que cette positivité serait liée à des vitamines. Qui faut-il croire ? Spécialiste du dopage, le psychologue du sport Dorian Martinez explique pourquoi le sportif n'a pas forcément tort.

Le joueur de football portugais Deco a été contrôlé positif au furosémide, une substance interdite en et hors compétition. L’ancien joueur du FC Barcelone et de Porto estime avoir été contaminé par une préparation vitaminée achetée en pharmacie. Il compte attaquer cette officine en justice.

 

À l’annonce d’un contrôle positif comme celui-là, la réaction naturelle est de se dire que le joueur incriminé cache son dopage derrière des excuses abracadabrantesques. Pourtant, en analysant en profondeur la situation, on se rend compte que ces explications peuvent être tout à fait sincères.

 

En voici les raisons :

 

1. De nombreux médicaments et compléments alimentaires peuvent positiver un contrôle antidopage

 

En France, plus de 3.000 médicaments contiennent une substance interdite [1] ! La plupart de ces médicaments sont d’usage courant et certains ne nécessitent pas de prescription médicale.

 

Qui plus est, le marché pharmaceutique est mouvant et entraîne chaque mois la modification du statut de dizaines de médicaments. Pour information, aujourd’hui, en France, 44 médicaments contiennent de la furosémide.

 

Tout aussi préoccupant, les études montrent que 15 à 25% des compléments alimentaires contiennent des substances interdites non mentionnées sur l’emballage [2].

 

2. Les professionnels de santé se disent incompétents en matière de prévention du dopage

 

Les enquêtes sociologiques réalisées auprès des médecins et pharmaciens sont alarmistes et montrent que 75% des professionnels de santé s’estiment mal ou très mal préparés à prévenir le dopage [3].

 

D’ailleurs, en 2010, le nageur Frédéric Bousquet a été suspendu deux mois après un contrôle positif à l'heptaminol, une substance de la liste des stimulants (S6) interdite en compétition :

 

"Je me soigne depuis huit ans pour une pathologie très précise avec un médicament qui ne contient pas ce produit interdit [...] et puis juste avant le meeting, j'ai souffert d'une crise violente. Je suis allé dans une pharmacie juste à côté de chez moi à Marseille, une pharmacie où ils savent qui je suis. Ils m’ont dit qu’ils n’avaient plus ce médicament en stock, et ils m’en ont proposé un autre."

 

Le nageur fait une confiance aveugle à la pharmacienne et se retrouve "positif" suite à un contrôle inopiné. Ces professionnels de santé engagent pourtant leur responsabilité et peuvent même risquer des peines de prison en cas de manquement avéré.

 

3. Les sportifs sont toujours responsables à 100%

 

Comme j’ai pu le dire devant la commission d’enquête du Sénat, la raison de tous ces problèmes vient de la législation antidopage elle-même.

 

D’une part, comme le stipule clairement l’article 2.1.1. du Code mondial antidopage, les sportifs sont responsables à 100% de tout ce qui se retrouve dans leur organisme ! D’autre part, les sportifs doivent se soumettre à une liste des interdictions totalement illisible.

 

Cette liste a été conçue comme un référentiel pour les contrôles mais n’a strictement aucune vertu préventive. Elle est obsolète au bout d’un an. Elle comporte des listes de substances non exhaustives (une substance peut être interdite même si elle ne figure pas dans ce document). Et surtout, elle énumère des substances et des méthodes. Or, dans la vie réelle on ne "rencontre" jamais des substances mais des médicaments ou des compléments alimentaires. Qui plus est, cette liste n’interdit pas certaines substances (comme la codéine) qui peuvent être consommées par le sportif et métabolisées par l’organisme en substance interdite.

 

Cette liste n’indique pas ce que le sportif ne doit pas consommer mais plutôt ce que l’on ne doit pas retrouver dans son organisme. Ce qui est une nuance de taille !

 

4. Un dispositif anti-dopage qui aide les tricheurs

 

Au final, ce flou autour de la législation antidopage est bénéfique aux tricheurs qui peuvent facilement se cacher derrière des excuses fallacieuses quand ils se font (rarement) attraper.

 

En revanche, depuis 15 ans que je travaille sur la thématique de la prévention, je constate que la très grande majorité des sportifs contrôlés positifs le sont par manque d’information...

 

Tant que les autorités sportives et institutionnelles ne prendront pas sérieusement la mesure de ce problème de fond, la lutte antidopage ne sera pas crédible. Les tricheurs pourront dormir tranquillement et les sportifs intègres prendront des risques énormes pour se soigner et compléter leur alimentation...

 

Il est donc temps de protéger concrètement les sportifs. Mais le monde du sport est-il prêt à jouer le jeu de la protection et de la transparence ? Le sport français est-il prêt à protéger ces athlètes ? 

 

Source et date de l'article  nouvelobs.com  06.05.2013

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Publié dans : Football

http://blogs.rue89.com/sites/blogs/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2013/04/rugbymelee.jpg

 

Le rugby s’est adapté au monde moderne, dans lequel seule compte la mémoire immédiate : il pousse des cris d’orfraie devant les accusations de dopage dont il est la cible.

Jean-Pierre Elissade s’est vu accusé par Sébastien Chabal de vouloir faire le buzz, après ses déclarations sur la prise fréquente d’amphétamines dans le rugby des années 80.

Et Laurent Bénézech, qui soupçonne les joueurs actuels de prendre de l’hormone de croissance, s’est fait traiter de lâche par Bernard Laporte et se trouve sous la menace de poursuites judiciaires que pourrait déclencher le syndicat Provale.

2001 : « les conditions réunies pour l’arrivée du dopage »

«  Les conditions sont réunies pour l’arrivée du dopage  » : voilà pourtant comment Serge Simon, alors jeune président du syndicat, réagissait en 2001 à des déclarations de Pierre Berbizier qui affirmait que le dopage était une réalité dans le championnat de France.

Le témoignage de Françoise Lasne de l’AFLD devant le Sénat a créé un vrai malaise au sein de l’ovalie, donnant lieu au mieux à une véritable levée de bouclier, au pire un déni total.

Fabien Galthié, dans l’Equipe, semble nier l’utilité du dopage dans ce sport, du fait qu’il demande des qualités physiques antagonistes à la fois de puissance et lucidité, vitesse et adresse.

Sans faire ombrage à l’ancien demi de mêlée français, les joutes récentes montrent que la puissance aurait tendance à prendre le pas sur l’adresse, et que les choix stratégiques ont nettement été minorés par l’aspect physique de ce sport. 

Comme Pierre Berbizier et Serge Simon l’indiquaient en 2001, les conditions sont bien réunies pour que le rugby soit touché par le dopage.

Des analyses capillaires en 2009

La multiplication des matches était déjà une réalité dans les années 90, et le rythme a encore augmenté. On est passé de 30 minutes de temps de jeu effectif (hors arrêts de jeu) en 1980 à plus de 40 actuellement, et sans doute 50 minutes en 2015.

Cette augmentation des fréquences soulignée par Laurent Bénézech est un facteur de risque. Plus de temps de jeu dans un championnat aux cadences effrénées, c’est un risque potentiel d’avoir recours au dopage.

En l’état actuel que peut-on affirmer  ? Rien, pas plus une condamnation de ce sport qu’un blanc-seing qui dédouanerait le rugby de ces soupçons. Il serait bon pourtant de se rappeler que les déclarations de l’AFLD ne sont que le prolongement de constatations déjà effectuées par l’organisme les années précédentes.

Le monde du rugby a vite oublié qu’en 2009, dans des analyses capillaires effectuées sur un panel de 138 sportifs de divers sports, on retrouvait 16,7% de résultats anormaux dans les résultats des rugbymen, contenant des traces de stéroïdes. Une démarche à but préventif qui à l’époque n’avait pas donné lieu à une suite disciplinaire.

Durant cette période, en revanche, les réactions avaient été plus tempérées, les joueurs faisant preuve de leur inquiétude, tandis que la fédération et la ligue promettaient une vigilance accrue. Bref, on était loin de la politique de l’autruche actuelle.

Jeter le discrédit sur son contradicteur, une méthode de lobbyiste

Le milieu du rugby réagit à la polémique en véritable as du lobbying : il ne s’agit pas d’apporter des éléments de réponse mais plutôt d’attaquer la crédibilité de ses détracteurs. Or parmi ces derniers, on retrouve d’anciens joueurs professionnels, devenus entraîneurs et consultants, soucieux du devenir de leur sport, et dont la démarche semble poussée par une volonté de transparence, plus que d’exposition médiatique.

Si l’on fait un parallèle avec le cyclisme, sport étiqueté comme vivier des pratiques dopantes, on constate des similitudes dans le traitement des révélations. Christophe Bassons, qui avait dénoncé les dérives de son sport au début des années 2000, s’était fait brocarder et exclure. Laurent Bénézech aujourd’hui a donc la lâcheté de parler publiquement, tellement lâche qu’il subit frontalement l’opprobre de sa propre «  famille  »…

Est aussi mis en avant le suivi longitudinal. Des cyclistes français ont démontré qu’il était possible de se doper sur une saison entière sans jamais se faire prendre malgré ce suivi.

Un système de suivi que Bernard Laporte encensait lorsqu’il était secrétaire d’état aux Sports. Il se gargarisait qu’il n’y avait pas de dopage dans le football et le rugby, puisqu’il n’y avait pas eu de contrôle positif. Une démarche reprise aussi par l’ERB (European rugby board) en 2009.

Constatant que les contrôles sanguins de 2008 effectués lors du Tournoi des VI Nations s’étaient tous révélés négatifs, il décida de ne pas reconduire le protocole la saison suivante.

Serge Simon lui-même a évoqué les amphétamines

Le monde du rugby et ses instances, tout comme dans le football, n’ont jamais fait preuve d’un zèle effréné dans la lutte contre le dopage. Il est plus facile de mettre en accusation d’autres sports, comme l’athlétisme et le cyclisme, que de questionner le sien. 

Outre les cadences qui augmentent, les enjeux financiers sont plus important, un facteur qui peut accentuer le dopage. On demande désormais plus aux joueurs, qui doivent être infaillibles et tenir une saison entière avec un physique de déménageur. Il est pourtant très difficile d’augmenter sa masse musculaire aussi radicalement, tout en gardant une activité demandant vélocité et dynamisme.

Je me souviens des débuts du professionnalisme et du changement de morphologie que celui-ci a induit. Un exemple criant me vient : celui de Christophe Dominici, dont la masse musculaire du début à la fin de sa carrière a évolué radicalement.

Sous l’effet du travail intensif assurément, mais dans un sport où la nécessité d’avoir une musculature évoluée est devenue indispensable, combien de joueurs seront tentés et passeront au dopage dans l’espoir d’augmenter leurs chances de percer  ?

Les amphétamines étaient courantes alors que le sport était encore amateur, suffisamment de témoignages l’évoquent à commencer par Serge Simon lui-même et François Pienaar, capitaine de l’équipe sud-africaine championne du monde en 1995. Il faudrait bien être candide pour croire qu’avec le professionnalisme, d’autres pratiques n’aient pas vu le jour.

L’affaire Camborde, un souvenir pesant

D’autant que le rugby fraye avec de douteuses fréquentations. En 2011, Alain Camborde a été mis en examen pour «  importation et détention de marchandises prohibées, exercice illégal de la profession de pharmacien et mise en danger de la vie d’autrui  », les enquêteurs ayant notamment découvert des cachets de clenbutérol chez lui, le même produit qui fit déchoir Alberto Contador de son Tour 2010.

Alain Camborde a exercé les fonctions de préparateur physique de la Section Paloise jusqu’en 2008, et a préparé les Argentins à la Coupe du Monde 2007. Sur son site Internet, on pouvait retrouver, parmi ses clients, des joueurs illustres du Top 14. 

Le rugby peut continuer à fermer les yeux, tant qu’une saisie ne sera pas effectuée ou qu’un joueur actuel ne se décidera pas à briser l’omerta. Ceux qui l’on fait dans tous les sports savent ce qu’il en coûte et subissent les conséquences de leur honnêteté.

Il est dommage que Provale, comme la Fédération, qui s’inquiétaient de possibles dérives au début des années 2000, se placent aujourd’hui dans le déni le plus total.

Il est maintenant nécessaire que sorte le rapport 2012 de l’AFLD, avec les données officielles, afin que les analyses reposent sur des faits et non seulement des témoignages évoquant une période datée.

 

Source et date de l'article  Rue89.com   12.04.2013

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Publié dans : Rugby

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Un témoignage très touchant qui montre malheureusement la toute puissance de certains entraîneurs !!

 

J’ai quitté mes parents à 14 ans pour aller vivre chez un entraîneur. Avec sa désormais ex-femme, il formait les meilleurs athlètes du pays. David était très influent dans le milieu de la gymnastique acrobatique. Ils avaient hébergé de nombreux gymnastes avant moi, ce n’était donc pas un arrangement inhabituel.

Le sport représentait toute ma vie depuis l’âge de 8 ans. J’étais donc prête à faire ces sacrifices. C’est à travers l’acrobatie que j’exprimais qui j’étais réellement, ce que je n’arrivais pas à faire ailleurs. Lorsque je m’entraînais, je me sentais bien. Je me sentais moi-même.

A l’entraînement, nous faisions semblant

La première année de cohabitation, tout s’est d’ailleurs parfaitement passé, David était comme un père pour moi. Et puis un soir, tout a basculé. Alors que sa femme et leur bébé dormaient à l’étage et que nous regardions la télévision, il a commencé à se rapprocher de moi par des petits jeux qui ont rapidement dérivé en attouchements sexuels.

 

Je n’ai pas su comment réagir, j’étais totalement perdue. Le lendemain matin à mon réveil, il était à mon chevet en train de me caresser. Terrorisée, je suis restée immobile jusqu’à ce qu’il quitte ma chambre.

Des viols ont suivi, presque tous les jours durant cinq mois. Il s’introduisait dans ma chambre, traînait mon lit devant la porte pour la bloquer et me violait. Toutes les occasions, tous les lieux étaient bons pour abuser de moi. Je n’avais plus aucun moyen de lui échapper.

J’assume ma responsabilité d’être restée silencieuse à ce moment-là. J’étais totalement dépassée par la situations. Je ne savais pas vers qui me tourner. La plupart des abus se sont déroulés en dehors des périodes de compétition. A l’entraînement, nous faisions semblant. Moi de dissimuler ma souffrance, lui que tout était normal.

La vie était plus facile dans le gymnase

La vie était plus facile dans le gymnase : les entraînements exigeaient tellement de concentration et d’efforts que je pensais à autre chose. David était un bon entraîneur, souvent présenté comme novateur dans ses méthodes, et proche de ses athlètes.

Il plaisantait souvent pendant les entraînements, faisait en sorte de se comporter comme nous, des adolescents. Ses discussions tournaient souvent autour de l’anatomie féminine de ses athlètes, allant jusqu’à donner des surnoms aux fesses des jeunes filles. Il parlait souvent de sexe aussi.

Je me souviens de gestes déplacés envers moi, lorsqu’il me rattrapait pour éviter que je ne tombe : il profitait de chaque occasion pour avoir un contact physique avec moi. Un jour, mon coéquipier le lui a fait remarquer. David s’est défendu en arguant que nos tenues étaient trop suggestives.

Malgré ce qu’il me faisait subir, il insistait toujours sur le fait que notre relation était normale. Si je ne le comprenais pas aussi bien, il lui aurait été plus facile de garder ses distances, disait-il. Il se comportait comme mon amant mais je n’avais que 15 ans ! Il faisait de moi sa confidente, me flattait, me disait à quel point j’étais attirante.

La peur de perdre ce que j’aimais

Une année, à Noël, il a voulu m’offrir un sac de luxe, et a demandé à son assistante d’aller le chercher pour lui. Ce qu’elle a fait sans poser de questions. Ce genre de comportement d’un entraîneur envers son athlète mineureaurait dû l’alerter.

Dans ce genre de situation, les victimes se taisent et restent dévouées à leur entraîneur-agresseur. Nous avons passé une grande partie de notre vie sous leur influence et pour nous les athlètes, ils représentent la clé de la réussite. Le seul moyen de gagner des médailles. C’est le coach tout-puissant.

On a le sentiment que si on commence à parler, non seulement on sera sévèrement jugé, mais on perdra aussi ce que l’on aime : notre sport. Le sport était la seule base solide dans la vie, même dans cet environnement tumultueux. Ce que j’étais capable de réaliser sur le plan sportif m’aidait à supporter tout ça.

 

Les sportifs de haut niveau sont habitués à supporter la douleur, physique ou psychologique. Elle fait partie de notre quotidien. Voilà aussi pourquoi nous endurons sans rien dire.

 

J’ai décidé de tout raconter il y a deux ans environ, lorsque sa femme a découvert qu’il utilisait le compte Facebook de leur fils pour entrer en contact avec une jeune gymnaste de 13 ans. S’il était arrivé quelque chose à cette fillette, je m’en serais voulu toute ma vie.

J’ai contacté la police qui a lancé une enquête. Après de longs mois de procédure, il a finalement été jugé et a écopé de deux ans de prison ferme. Sur les 15 chefs d’accusation qui pesaient contre lui, seuls deux ont été retenus. Mais il est désormais enregistré comme délinquant sexuel à vie.

Jusqu’à l’ouverture de l’enquête judiciaire, mes parents n’ont jamais rien su. Ils attribuaient mes angoisses à l’adolescence et mes émotions à ma pratique du sport de haut niveau. Ils venaient de divorcer quand tout a commencé et cela se passait très mal entre eux. Je n’avais pas envie de retourner chez eux, je ne m’y sentais pas plus en sécurité. Aujourd’hui, ils continuent de porter cette douleur et de se sentir responsables.

Pourquoi l’ont-ils laissé entraîner ?

Lors du procès, en novembre 2012, nous n’avons été que deux athlètes à témoigner. Les autres victimes ont envoyé des courriers pour raconter ce qu’elles avaient subi mais n’ont pas voulu intervenir devant le tribunal.

Son ex-femme ne m’a jamais exprimé ses regrets, même depuis la fin du procès. Je reste persuadé qu’elle était au courant, autant pour moi que pour les autres victimes, mais qu’elle ne voulait pas tout perdre. Elle dit aujourd’hui avoir eu quelques soupçons mais jamais aucune certitude.

Les autres entraîneurs du club, la Fédération et les parents ne savaient rien de mon cas personnel mais étaient au courant de certains comportements inappropriés. Pourquoi l’ont-ils laissé entraîner ? Je n’arrive toujours pas à comprendre.

Cela n’a rien changé à mon amour pour le sport

Dire que cette expérience a eu des répercussions négatives sur ma vie serait un euphémisme. Je me suis souvent retrouvée dans des schémas de relations similaires où, malheureusement, j’assumais trop facilement un certain rôle, après avoir été manipulée si jeune.

Me sortir de ces relations et de ces situations malsaines a été une tâche difficile. Même s’il m’a fallu du temps, je suis aujourd’hui quelqu’un d’équilibrée. Tout cela n’a rien changé à mon amour pour le sport. Je crois encore à l’essence même du sport de haut niveau. J’aime la compétition et je l’aimerai toujours.

J’ai mis dix ans à surmonter ce traumatisme et à réussir à dire ce qu’il m’avait fait subir. Je suis restée silencieuse trop longtemps, voilà pourquoi je souhaite aujourd’hui partager mon histoire : pour que ceux ou celles qui vivent ou ont vécu les mêmes souffrances trouvent le courage de parler.

Les violences sexuelles sont une réalité trop souvent négligée du sport de haut niveau, un tabou. On le cache. On se le cache. Il est temps que le milieu du sport se penche sur la question pour comprendre comment ce genre de comportements se développe dans le secret.

Revoir notre idée de la réussite

Nous avons besoin d’une réglementation plus stricte afin d’établir le rôle de chacun. Le sport de haut niveau doit être encadré par des personnes influentes et irréprochables afin de maintenir une atmosphère saine. De leur côté, les parents doivent être encore plus vigilants face aux comportements de ceux qui ont autorité sur leurs enfants et qui passent du temps avec.

Mon drame personnel a duré aussi longtemps à cause du manque de vigilance des adultes qui m’entouraient.

La gymnastique américaine fera, je l’espère, des progrès grâce à sa nouvelle campagne de sensibilisation « Clubs Care » en partenariat avec « Darkness to Light ». Il faut sortir de l’idée que ce genre de choses n’arrive qu’aux mauvais individus. Le prédateur, bien souvent, est une personne de confiance que vous faites entrer dans votre famille.

Il faudrait également revoir notre idée de la réussite. Comment pouvons-nous abandonner le bien-être de nos enfants pour des médailles ? Si cet entraîneur avait acquis une bonne réputation, c’est parce que ses résultats sportifs servaient de caution. Pour les parents, David était la clé de la réussite de leurs enfants au plus haut niveau. Ils le suivaient aveuglément.

 

Source et date de l'article  Rue89.com  29.03.2013

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Publié dans : Gymnastique

http://i.rugbyrama.fr/2012/07/15/863100-14592793-640-360.jpg

 

Que vous inspire le buzz médiatique qu'ont entrainé, dans le rugby français, les déclarations de l'Agence Française de Lutte Contre le Dopage ?


Jean-Pierre ELISSALDE: J'ai pu constater qu'elles avaient surtout provoqué une levée de boucliers de la part de la Ligue, de Provale et de la FFR. Quelle belle unanimité ! Si nos instances dirigeantes du rugby français étaient aussi promptes à réfléchir conjointement à un projet d'avenir, nous serions champions du monde ! […] Il existe une drôle d'omerta concernant le dopage. Moi, j'ai joué cinq cent matchs en élite et pris deux fois des amphétamines.

 

Etes-vous sérieux ?


J-P.E.: Oui ! La première fois, c'était à Agen, pour la coupe des provinces, en 1984. J'avais une grippe carabinée et le médecin du club m'a donc donné une boite de dix pilules. Ca avait bien fonctionné, croyez moi. Sur le terrain, j'étais surexcité. En revanche, le lendemain, l'addition fut salée...

 

Et la deuxième ?


J-P.E.: C'était contre Tarbes, quelques mois plus tard. Ce fut rude... Le rugby français était sale, il y a trente ans. Pourquoi croyez-vous que nous étions comme fous sur le terrain ? Si l'on m'a proposé des amphétamines, on en a nécessairement proposé à d'autres. Les amphétamines dans le rugby français, c'était comme l'hostie à la messe. Personne n'y échappait ! Se charger (sic), c'est grave. Mais donner à des jeunes des pilules, c'est aussi particulièrement coupable.

 

Le rugby est-il plus propre, aujourd'hui ?


J-P.E.: Oui, clairement. Il doit bien exister des cas de dopage isolés mais je peux vous jurer n'avoir jamais été témoin de prise de stupéfiant dans un vestiaire. J'ai entrainé Béziers, La Rochelle et Bayonne. Je ne suis pas aveugle : j'ai vu des masses musculaires évoluer de façon surprenante dans les années 90. Mais jusqu'à preuve du contraire, rien n'a été prouvé...

 

Source et date de l'article  rugbyrama.fr  01.04.2013

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Publié dans : Rugby

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/59847531/All+Blacks+Rugby+New+Zeland+abstract.jpg

 

SPORT - Le sport le plus touché par le dopage n'est sans doute pas celui que vous croyez. Loin devant le cyclisme, c'est en effet le rugby qui arrive en première position, en proportion des contrôles effectués par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) sur l'année 2012.

 

"Je me suis intéressée aux sports sur lesquels au moins 400 échantillons nous sont parvenus en 2012 afin d'avoir des statistiques fiables, explique la directrice du département des analyses de l'AFLD. Huit disciplines correspondent à ce critère. Si nous tenons compte de toutes les molécules interdites présentes sur la liste de l'Agence mondiale antidopage, le sport qui donne le plus haut pourcentage (de cas positifs) est le rugby", a déclaré Françoise Lasne devant la commission d'enquête du Sénat sur l'efficacité de la lutte contre le dopage. "Vient ensuite le football puis l'athlétisme, le triathlon, le basket-ball, le cyclisme, le handball et la natation", a-t-elle déclaré.

"En proportion, c'est exact, mais il faut relativiser", a développé Bruno Genevois, le président de l'AFLD. "Il faudrait s'appuyer sur des données plus vastes et sur des durées plus longues. On sait par exemple qu'en s'appuyant sur les statistiques de l'AMA (agence mondiale antidopage) pour l'année 2011 par rapport au nombre de pratiquants, c'est l'haltérophilie qui apparaît comme le sport le plus touché". "Par ailleurs, en 2012 comme en 2011, le cyclisme et l'athlétisme ont présenté sur un plan d'ensemble et en valeur absolue le plus d'échantillons anormaux trouvés par l'AFLD", explique Bruno Genevois.

 

Le cyclisme, sport le plus contrôlé


En 2012, le cyclisme a ainsi représenté 14,9% des résultats anormaux enregistrés par l'AFLD, devant l'athlétisme (12,6%), le rugby (10,4%), le football (6,8%) et le triathlon (4,5%), selon des chiffres communiqués par l'agence. Ces résultats sont à mettre en regard du nombre de contrôles effectués dans chacune de ces disciplines et que la directrice du département des analyses de l'AFLD a livré lors de son audition (et confirmé par l'AFLD dans un communiqué).

 

Le cyclisme apparaît ainsi, et de loin, comme le sport le plus contrôlé en 2012, avec 1812 échantillons analysés. Dans l'ordre apparaissent ensuite l'athlétisme avec 1164 échantillons, le rugby (588), le football (548), le handball (452), le triathlon (433), la natation (418) et le basket-ball (394).

"Ce qui est intéressant, c'est qu'en 2012 comme en 2011, on a retrouvé une assez forte proportion de cannabis et de glucocorticoïdes", souligne le président de l'AFLD. En 2012, les cannabinoïdes (28,4%) et les glucocorticoïdes (22,8%) ont représenté les deux classes de substances le plus souvent détectées, précise l'AFLD.

 

Lors de son audition, la directrice du département des analyses de l'AFLD a également procédé à un calcul des sports les plus touchés en proportion des contrôles en excluant le cannabis "un dopant indirect (...) qui n'améliore pas directement la performance". Et c'est de nouveau le rugby qui est apparu malgré tout comme le sport le plus touché. "Si l'on exclut le cannabis, le rugby reste en tête, devant l'athlétisme, le triathlon, puis le cyclisme, la natation, le football, le basket-ball et le handball", a énuméré Françoise Lasne.

 

Source et date de l'article  huffingtonpost.fr  27.03.2013

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Publié dans : Etudes sur le dopage

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Ce jeudi 21 mars 2013 émission Complément d'enquête à 22h15 !

 

Armstrong : les secrets d'un parrain

 

Tous derrière vos postes de télévison !!

 

Vous pouvez voir la bande annonce ici

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Publié dans : Emissions
http://www.rts.ch/2013/03/18/15/18/4749177.image?w=534&h=301
"Nous étions des délinquants, presque des criminels", raconte à l'AFP l'ancien coureur américain Tyler Hamilton, repenti du dopage et désormais installé à Missoula, dans le Montana, très loin des remous que provoque encore l'affaire Lance Armstrong. 

L'ancien coéquipier d'Armstrong donne dans son livre "La course secrète", des détails sur le système de dopage mis en place au sein de l'équipe US Postal et son accès privilégié aux produits interdits.   

"Tout ce qui est dans le livre est vrai. Tout est vrai, je le jure sur la tombe de ma grand-mère", affirme-t-il.  

Hamilton, 42 ans, a commencé à vider son sac en mai 2011, un an après les aveux de son compatriote Floyd Landis. Il a dit tout ce qu'il savait à l'Agence américaine antidopage (Usada) et écrit ce livre, paru l'été dernier aux Etats-Unis, jouant un rôle moteur dans la disgrâce de son ancien ami Armstrong, qu'il a épaulé durant trois de ses sept Tours de France victorieux (1999-2001).   

Il refait sa vie dans le Montana (nord-ouest des Etats-Unis), où l'AFP l'a rencontré, peu après son audition dans le procès Puerto. Hamilton confectionne aujourd'hui des programmes d'entraînement pour des cyclistes amateurs mais ne roule plus pour le plaisir.   

 

"Il y avait un produit dont on ne pouvait se passer, c'était l'EPO", souligne Hamilton, qui raconte comment le désormais célèbre "motoman" approvisionnait Armstrong and Co en EPO sur les routes du Tour: "Il passait deux semaines et demi sur la route, la plupart du temps en faisant du camping. Il restait dans les parages et attendait notre appel ou notre SMS".  

 

La loi du silence que faisait régner Armstrong et l'omerta du peloton permettait de garder tous les secrets.  Selon Hamilton, le langage était le suivant: "Cette rivière coule dans ce sens. N'essaie pas de remonter le courant. Tu ferais mieux de nager dans le même sens que Lance Armstrong, sinon... fais gaffe à toi".   

Des accusations de coercition qu'Armstrong a pourtant minimisées lors de ses aveux de dopage à l'animatrice américaine Oprah Winfrey, mi-janvier. Hamilton en a néanmoins fait l'expérience un mois après ses révélations à l'encontre d'Armstrong, quand il avait croisé le Texan dans un restaurant d'Aspen et que ce dernier s'en était pris à lui verbalement. 

 

Celui qui ne croyait pas qu'Armstrong se rendrait un jour a regardé, presque incrédule, les aveux télévisés de son ancien leader.  "Un grand champion du Tour de France admet avoir triché, c'est la vérité, la réalité. Cela profitera au sport dans l'avenir", assure Hamilton, fervent partisan d'une commission de type vérité et réconciliation où "les gens pourront venir et, sans risquer quoi que ce soit, s'ouvrir et dire la vérité".   

Conscient que son lourd passé de dopé (il fut le premier sportif convaincu de dopage par transfusion sanguine en 2004 et a été contrôlé positif à un stéroïde anabolisant en 2009) et de menteur n'en fait pas un parangon de vertu, l'Américain espère désormais servir de... contre-exemple.  

 "Je ne veux pas qu'un jeune soit obligé de traverser ce que j'ai traversé à un moment de ma carrière", explique-t-il.

 

Source et date de l'article  RTS.ch  18.03.2013

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Publié dans : Cyclisme
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"Je souhaite évoquer le fait de pénaliser ceux qui organisent des événements où des faits de dopage sont avérés", a déclaré David Douillet, qui s’exprimait devant la Commission d’enquête du Sénat sur l’efficacité de la lutte antidopage, mise en place le mois dernier. "On ne me fera pas croire, par exemple, que les organisateurs du Tour de France ne pouvaient pas ne pas savoir. Le Tour de France, c’est une grande caravane, un mois où tous les protagonistes vivent ensemble. Ce n’est pas possible qu’à un moment donné les organisateurs n’aient pas été au courant", a développé le double champion olympique de judo (1996, 2000).
"Tout le monde doit être responsable, c’est un peu facile de se défausser. Il faut responsabiliser les organisateurs", a-t-il ajouté.
La commission sénatoriale, en place depuis le 20 février et qui débutait jeudi ses travaux avec les premières auditions - dont celles de M. Douillet et de Jean-Pierre Mondenard, médecin du sport -, a pour objectif de déterminer "l’efficacité de la lutte contre le dopage" et en particulier celle de l’Agence française antidopage (AFLD).
La commission a prévu un programme d’auditions durant lesquelles plusieurs responsables passés et actuels de l’AFLD vont avoir l’occasion d’expliquer leurs travaux.
La commission a ainsi prévu d’entendre mercredi prochain Marie-George Buffet, qui a précédé M. Douillet au ministère des Sports, ainsi que Marc Sanson, ancien président du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD), ancêtre de l’AFLD, et Pierre Bordry, qui a dirigé le CPLD puis l’AFLD de 2005 à 2010.
Le lendemain, ce sera au tour de l’actuel président de l’AFLD Bruno Genevois, ainsi que des professeurs Yves Le Bouc, président du comité d’orientation scientifique de l’AFLD, et Michel Audran, directeur du laboratoire de biophysique et bioanalyses à la faculté de pharmacie de Montpellier.
Source et date de l'article ledauphine.com  14.03.2013
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Publié dans : Lutte contre le dopage

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Combien de clubs espagnols « soignés » par Fuentes ?

Les autres sports, justement, vont sortir relativement indemnes du procès Puerto.

Pour l’instant, il n’a pas permis de lever le doute sur les liens entre le football espagnol et le docteur Fuentes, qui a dit avoir travaillé pour de grands clubs.

En 2006, Le Monde affirmait, sur la foi de documents confidentiels et non saisis par la Guardia Civil, que le FC Barcelone, le Real Madrid, le FC Valence et le Betis Séville étaient clients du docteur Fuentes. Le Barça et le Real ont gagné contre le journal devant la justice espagnole.

 

Sans que le procès n’y soit pour rien, le nom d’un cinquième club espagnol vient d’émerger : la Real Sociedad. Président du club basque en 2008, Inaki Badiola a estimé dans le journal As que l’inscription « Rsoc » sur plusieurs documents du docteur Fuentes faisait sans doute référence à son club.

Une double comptabilité aurait permis aux docteurs d’acheter, entre 2001 et 2008, des produits dopants fournis par Fuentes. Le président de l’époque a nié en bloc. Aujourd’hui, il est président de la Ligue professionnelle de football.

Quant au docteur Fuentes, il s’en est sorti par une pirouette : Rsoc ? « C’est peut-être un bon vin. » L’interrogatoire n’est pas allé plus loin.

Le gardien Sander Westerveld, à la Real Sociedad entre 2001 et 2004, a eu lui une drôle de manière de démentir dans la presse néerlandaise :

« Je n’ai jamais relevé qu’une préparation avait amélioré ma performance. A la Sociedad, nous recevions des perfusions de temps en temps, avant ou après les matches. Mais je ne peux imaginer qu’il s’agissait de produits interdits. »

« Six ou sept athlètes du gratin mondial impliqués »

Beaucoup d’éléments du dossier impliquent également Marta Dominguez, meilleure athlète espagnole de l’histoire et sénatrice du PP, le parti au pouvoir. Un document datant de 1997 préconise une cure d’EPO pour une certaine « O MARTA DGZ », âgée de 22 ans et pesant entre 52 et 56 kilos. Comme Dominguez.

Recueillis encore par la Guardia Civil, des poches de sang au nom du chien de la championne – un code habituel chez Fuentes – et un programme d’EPO et de transfusions en 2005, envoyé à l’agent de Dominguez avec l’inscription « MZD 2005 ». Réaction du président de la fédération espagnole ? « Rien à déclarer. »

Pour Sergi Lopez, le travail de l’instruction a permis de prouver que le système Fuentes impliquait plusieurs sports :

« Outre Marta Dominguez et le Real Sociedad, la Guardia Civil est également persuadée que six ou sept athlètes parmi le gratin mondial, donc des étrangers, sont impliqués. »

Témoins et poches de sang disparaissent

Le procès Puerto, c’est aussi un festival de coups du sort, d’escamotage et de prestidigitation :

  • sur les 224 poches de sang saisies par la Guardia Civil, seules 173 sont conservées au laboratoires antidopage de Barcelone. Les 51 autres ? Personne n’est en mesure de dire où elles sont passées ;
  • Alberto Leon, un ancien cycliste assistant de Fuentes, s’est pendu en 2011 ;
  • le docteur José Luis Merino, qui devait figurer parmi les six accusés, a vu son dossier classé juste avant le procès pour cause d’Alzheimer ;
  • Angel Vicisio, coureur soupçonné d’avoir été client de Fuentes, a vu son audition reportée pour un mal de dos, puis a disparu des radars. Il a fallu retrouver sa trace en Andorre ;
  • Alberto Contador, qui devait témoigner en défense de son ancien directeur sportif Manolo Saiz, y a finalement échappé : l’avocat de Saiz a annulé sa demande.

Certains coureurs sont quand même venus témoigner mais là, c’est leur mémoire qui avait disparu. Sur sept coureurs espagnols, seul Jesus Manzano, l’homme par qui le scandale est arrivé, a reconnu avoir été dopé par le docteur Fuentes.

Les anecdotes du système Fuentes

Que restera-t-il du procès Puerto ? Tout au plus quelques anecdotes, dans la même veine de celles entendues dans l’affaire Armstrong, grâce aux témoignages de Jörg Jaksche, Tyler Hamilton et Jesus Manzano.

Jaksche s’est souvenu des offres commerciales du docteur Fuentes – 4 000 euros la poche de sang, 6 000 euros les deux – et de sa carte de France des lieux de transfusions pendant le Tour : « Il y avait tellement (de cercles) qu’on ne distinguait pas la France ».

Tyler Hamilton a raconté l’aller-retour Lyon-Madrid de l’équipe Phonak avant le Critérium du Dauphiné en 2004, pour se faire transfuser. « Pendant la course, on respirait tous par le nez. On a tous fini dans les 10 premiers. »

Un mois plus tard, pendant le Tour, Hamilton a cru mourir après une transfusion. Il est devenu fiévreux et son urine était noire. « Le sang devait être dégradé. »

Chez Kelme, l’équipe dont Fuentes s’occupait en priorité, on prenait avec humour l’absorption de produits aux effets secondaires inconnus, a raconté Manzano. Quand les coureurs avaient pris de l’Actovegin, produit à base de sang de veau, ils poussaient des beuglements. Quand c’était de l’Oxyglobin, utilisé dans le traitement de l’anémie chez les chiens, ils se mettaient à aboyer.

On aurait aimé qu’un footballeur nous dise s’il pissait bleu ou qu’un tennisman relate son aller-retour Paris-Madrid avant Roland-Garros. La prochaine fois, peut-être. Ou, on peut toujours rêver, d’ici la fin du procès le 22 mars.

 

Source et date de l'article  RUE 89.com  27.02.2013

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Publié dans : Procès Puerto

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Première partie d'un article de RUE89 très intéressant !! La suite demain...

 

Le procès de l’affaire Puerto aurait pu être celui du sport espagnol. Jusqu’à présent, il révèle surtout son aveuglement obstiné face au problème du dopage.

Au pays de Buñuel, ce procès fait honneur à l’absurde. Personnage principal : Eufemiano Fuentes.

 

Gynécologue de formation, il a dopé des sportifs pendant trente ans avant d’être arrêté. En tant qu’ancien athlète, il comprenait mieux que d’autres les souffrances des champions et leur administrait des traitements leur permettant de travailler plus et récupérer mieux. Un dopeur séducteur, dont la vie a basculé le jour de la perquisition de la Guardia Civil à son domicile madrilène, le 23 mai 2006.

Pendant le procès, celui qui se décrit comme un baratineur (« sablista ») n’est plus le même, écrit El Pais :

« Quand il tourne son regard vers un public hypnotisé par ce qu’il entend, ce regard ne séduit pas, ne demande même pas de compassion. Il file des frissons. » 

 

« Je sais tout mais je ne dirai rien »

 

Ces spectateurs effrayés par Fuentes sont les seuls à avoir frissonné un peu. Le sport espagnol reste, lui, bien tranquille, car personne ne sort de son rôle.

Ni « Eufe », en mode « Je sais tout mais je ne dirai rien », ni la juge Santamaria, dont la seule mission est de déterminer si la santé des athlètes a été mise en danger. A l’époque des faits, l’Espagne n’était pas dotée d’une loi antidopage – il faudra attendre 2007. Le journaliste espagnol Sergi Lopez, d’El Periodico, se fade le procès depuis le début :

« Je comprends que de l’extérieur, il puisse y avoir un sentiment de frustration. Seulement, il faut bien comprendre que ce n’est pas le dopage qui intéresse la juge : que ce soit des cyclistes ou des toreros, pour elle, peu importe. »

Entre les deux personnages principaux, les dialogues sont rares. Quand le premier dit : « J’ai eu d’autres sportifs que des cyclistes comme clients : des footballeurs, des tennismen, des boxeurs, etc... », la deuxième ne répond pas.

Le lendemain, Fuentes se dit en possession d’un carnet indiquant quels athlètes correspondent aux codes inscrits sur les poches de sang. La juge ne bronche toujours pas. Et les avocats des agences antidopage fulminent.

« Ce qui est passionnant, c’est l’omerta qui entoure l’affaire »

Jusqu’au bout, c’est possible que Fuentes ne dise rien. Sergi Lopez :

« C’est une personnalité à part, un type qui aime jouer. Si tu l’appelles pour lui demander s’il a travaillé avec un club de Ligue 1, il laissera planer le doute, il ne dira ni oui ni non. Il est comme ça. »

 

Ludovic Lestrelin trouve ça « passionnant ». Ce sociologue du sport à l’université de Caen, co-auteur d’un article sur l’affaire Puerto, se délecte à observer « comment une affaire très importante de dopage va accoucher d’une souris ».

« Ce qui est passionnant, c’est l’omerta qui entoure cette affaire. Le principal protagoniste déclare qu’il offrait ses services à des sportifs et qu’il est prêt à dire leurs noms, et en face, on a quelqu’un qui ne cherche pas à en savoir plus et reste dans les clous, n’ose pas venir vers lui.

Quand on retrace l’histoire de cette affaire, c’est dans la continuité de ce qu’on a vu : le classement une première fois de l’affaire, puis une deuxième fois, le refus de transmettre des éléments de preuves aux autorités sportives, les déclarations d’acteurs judiciaires ou politiques espagnols cherchant à minimiser l’affaire. »

L’Agence mondiale antidopage (AMA) reste avec ses questions et patiente, irritée par les blocages de l’Etat espagnol mais convaincue de « l’état d’esprit d’ouverture » de la juge. Son président John Fahey juge qu’une « ombre monumentale » pèse sur des centaines de sportifs espagnols.

Réhabiliter l’image de l’Espagne pour Madrid 2020

 

La chef de l’agence espagnole antidopage est la seule alliée de l’AMA. Ana Munoz promet que le travail sera fait plus tard :

« Quand le procès sera terminé, ce ne sera pas fini. Nous nous mettrons au travail. Je connais les doutes à l’étranger concernant l’agence antidopage espagnole. Je passe 80% de mon temps à essayer de changer cette image, pas seulement avec des mots mais avec des actes. »

Pour Sergi Lopez, Ana Munoz « est quelqu’un de très sérieux » : « Mais si Fuentes ne cite aucun nom, ce sera compliqué d’ouvrir une enquête. »

Munoz est en mission et elle part de loin : en septembre, le Comité international olympique (CIO) décidera si les Jeux olympiques 2020 ont lieu à Istanbul, Tokyo ou...Madrid. Si l’Espagne est encore considérée d’ici là comme le refuge des dopés de tous les pays, ce sera un très mauvais point pour la candidature madrilène.

Ludovic Lestrelin observe qu’on « ne voit pas émerger une mise en politique de la question du dopage, tel qu’on aurait pu s’y attendre ».

« Après l’affaire Festina, il y a eu une reprise en main du politique, qui a sifflé la fin de la récré et fait en sorte que l’acteur public joue son rôle avec des discours assez offensifs. Là, on ne sent pas la même réaction. »

Pendant des années, la Fédération espagnole de cyclisme, le secrétariat d’Etat aux Sports et la justice ont bloqué les initiatives de l’AMA ou de l’Union cycliste internationale (UCI). La classe politique dans son ensemble a soutenu Alberto Contador après son contrôle positif. Et en 2008, le médecin de l’équipe cycliste Française des Jeux, Gérard Guillaume, qualifiait le pays de « plaque tournante du dopage européen, pour tous les sports ».

 

Source et date de l'article  RUE89.com  27.02.2013

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Publié dans : Procès Puerto

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Des cyclistes, dont Thomas Dekker, mais aussi des stars Oranje d'un autre sport


BRUXELLES Stefan Matschiner a expliqué avoir fourni en produits dopants six sportifs Néerlandais, dans deux sports, ne lâchant que le nom de Thomas Dekker, "parce que le coureur a avoué s'être dopé" et d'avoir aussi fourni des poches de sang à Geert Leinders, le médecin belge de l'équipe Rabobank.

"Un, deux, trois, quatre, cinq, six sportifs néerlandais. De deux sports différents. Qui sont les autres, je ne le dirai pas", a ajouté Stefan Matschiner, ancien athlète et agent sportif, dans une interview accordée à RTL Nederland. "J'étais un agent sportif qui aidait ses athlètes à se doper.
C'était monnaie courant dans le sport d'élite. J'ai ainsi donné deux poches de sang au docteur Leinders de l'équipe Rabobank lors du Tour de France 2005."

Stefan Matschiner a été impliqué dans l'affaire de la banque de sang autrichienne en 2009 qui a fourni en 2009 des dizaines de sportifs en EPO, testostérone, hormones de croissance et, surtout, en transfusions sanguines.

Rabobank recourait aussi à ses services, et dans l'intervalle, 7 anciens coureurs de l'équipe néerlandaise ont avoué avoir eu recours au dopage durant leur carrière.

Plus tôt cette semaine, Stefan Matschiner avait aussi lancé à Michael Boogerd qu'il devait arrêter de mentir. "Vous pensez vraiment que quelqu'un achète juste des vitamines pour un montant de 17.000 euros ?"

Stefan Matschiner avait été condamné à la prison pour violation des lois anti-dopages en Autriche. Il comptait parmi ses clients, entre autres, Thomas Dekker, le Danois Michael Rasmussen et l'Autrichien Bernhard Kohl.

Geert Leinders fait l'objet de son côté d'une enquête judiciaire auprès du parquet de Dendermonde, mais a nié jusqu'ici des liens avec le dopage au sein de l'équipe Rabobank dont il a été le médecin. Plusieurs coureurs de Rabobank ont témoigné que le docteur Leinders, entendu aussi en janvier par la Ligue vélocipédique belge, leur avait fourni des produits dopants. Il était en poste au sein de l'équipe Sky lorsque l'affaire Rabobank avait éclaté en fin d'année dernière. Il avait remis sa démission.

 

Source et date de l'article  dhnet.be  03.03.2013

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Publié dans : Cyclisme

Lutte AntiDopage

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